Point de vue de Heinz Brand dans l'Agefi: Genève et Lausanne se font les chantres du populisme

Point de vue


09.10.2017

Point de vue: Caisse cantonales

Point de vue de Heinz Brand dans l'Agefi: Genève et Lausanne se font les chantres du populisme

Aucune prestation superflue ne serait évitée avec des caisses de compensation cantonales.

Demander l’instauration de caisses de compensation cantonales est un pur appel du pied au populisme car aucune prestation superflue ne pourra ainsi être évitée. Cela se saurait en effet si l’Etat travaillait de manière plus efficace que des sociétés privées livrées à la concurrence. Les initiants à Genève et Lausanne entendent avant tout accroître leur propre pouvoir et détourner l’attention de leur propre planification inefficace. 

20% de prestations superflues

Les médecins et les hôpitaux prescrivent trop de prestations inutiles. Les patients s’en offusquent peu puisque l’assurance paie dans la plupart des cas. Compte tenu du progrès technique et du vieillissement démographique, la facture s’alourdira encore plus au cours des deux à trois prochaines décennies, indépendamment des incitations pernicieuses. Or les caisses de compensation cantonales n’ont pas plus d’influence sur les prestations médicales définies au plan fédéral que sur le vieillissement de la population. 

Les cantons cherchent uniquement à se démarquer

La Suisse a – ce n’est un secret pour personne – beaucoup trop d’hôpitaux. Cette situation génère des coûts inutiles, mais aussi une qualité insuffisante quand des établissements hospitaliers ne réalisent que trop rarement certaines interventions complexes. Chercher à se démarquer semble toutefois plus important que la qualité pour bon nombre de cantons – et aussi plus important qu’une évolution coordonnée au niveau national. Les cantons représentés par les deux protagonistes de la nouvelle initiative inutile sur la caisse unique pourraient justement économiser des centaines de millions de francs s’ils ne se payaient pas le luxe de financer deux hôpitaux universitaires sur un territoire restreint. 

Par ailleurs, de nombreux cantons demandent à piloter les admissions des médecins sans avoir jamais appliqué de façon cohérente cet instrument dans les hôpitaux publics. La vérité, c’est que les services ambulatoires des hôpitaux – généralement publics – sont les principaux responsables de la hausse des primes d’assurance-maladie depuis près de 20 ans. Les directeurs cantonaux de la santé se gardent toutefois bien de le crier sur les toits. 

Faire entrer le loup dans la bergerie?

Ce serait un bien mauvais présage pour le libre choix, l’innovation et la gestion efficace si des politiciens, comme ceux qui gèrent actuellement la santé à Genève et Lausanne, devaient assumer la responsabilité des caisses-maladie, lesquelles, faut-il le rappeler, sont actuellement exemptes de dettes. Tôt ou tard, les payeurs de prime paieraient les pots cassés.

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