Assurés satisfaits de leur assureur

Article infosantésuisse


01.10.2012

Assurés satisfaits de leur assureur

Cet été, santésuisse a réalisé pour la dixième fois consécutive depuis 2003 le « sondage santé », une enquête représentative auprès de la population. Dans l’ensemble, les Suissesses et les Suisses sont satisfaits du système actuel. 30 % refusent clairement la séparation entre l’assurance de base et l’assurance complémentaire, alors que 13 % y sont favorables. Les opinions concernant la caisse unique ne sont pas encore faites, mais la liberté de choix est préférée à une médecine étatique. Enfin, il est urgent d’informer la population sur le système de santé car le niveau de connaissances peut être encore grandement amélioré.

Les connaissances sur le système de santé restent faibles. Seule la moitié de la population (48 %) sait que les assureurs n’ont pas le droit de faire de bénéfices dans l’assurance de base et à peu près autant (47 %) qu’ils doivent conclure des conventions avec tous les médecins (obligation de contracter). Une personne sur deux (52 %) sait que l’énoncé suivant est faux : « L’assurance de base couvre tous les traitements médicaux dans toute la Suisse ». Les réponses concernant les frais administratifs sont particulièrement surprenantes : en moyenne, les personnes interrogées estiment à plus de 30 % les dépenses consacrées par les assureurs à l’administration et à la publicité. Quatre cinquième des sondés surestiment ainsi massivement les frais administratifs. Seule l’estimation d’un cinquième de l’échantillon s’approche du chiffre réel de 5,5 %.

Frais administratifs : diminution d’un tiers depuis 1996

En 2010, les frais administratifs des assureurs-maladie se sont élevés à 5,5 % des dépenses et non à 30,3 % comme l’attestent les données de surveillance de l’OFSP, librement consultables par tous1. Selon ces données, la part des frais administratifs a proportionnellement diminué d’un tiers par rapport à 1996. Cela signifie que sur 100 francs de prime, les assureurs-maladie consacrent 94,50 francs au paiement des factures de médecins, hôpitaux, physiothérapeutes et autres fournisseurs de prestations. A peine 5,50 francs sur ces 100 francs de prime sont utilisés pour l’administratif. Cette somme couvre pourtant le traitement et le contrôle de plus de 80 millions de factures hospitalières et médicales par an, les salaires des employés, les frais informatiques, les amortissements, les mutations en cas de changement de caisse ainsi que le marketing, courtiers inclus. Cette erreur d’appréciation du montant des frais administratifs donne matière à réflexion. Les précédents sondages ont en effet révélé que la population ne comprend pas toujours bien les termes « frais administratifs » de la question. En 2005, les personnes interrogées ont répondu que les dépenses de médicaments étaient trop élevées par exemple. Il semblerait donc que des participants à l’enquête confondent les frais administratifs des assureurs-maladie et les dépenses consacrées aux prestations de santé. De même, le thème récurrent du démarchage téléphonique participe de cette surestimation. Le thème du choix du médecin nécessite aussi des précisions. Pour un traitement couvert par l’assurance de base, les assurés ne peuvent consulter que des médecins de leur canton de résidence ou de leur lieu de travail. En revanche, depuis l’introduction du nouveau financement hospitalier au début de cette année, le libre choix de l’hôpital est désormais en vigueur (dans la division commune des hôpitaux référencés). Depuis des années, les assurés sont satisfaits de l’assureur-maladie qu’ils ont choisi. En 2011 encore, c’est aussi la principale raison invoquée pour expliquer leur fidélité (84 % des sondés n’ont pas changé d’assureur-maladie).

Des réponses contradictoires sur le financement

Les personnes interrogées ont donné des réponses contradictoires aux questions portant sur le mode de financement de l’assurance-maladie. D’un côté, les assurés approuvent le système actuel avec des primes par tête et une réduction individuelle (39 %) ; de l’autre, ils sont prêts à envisager des primes calculées en fonction du revenu et de la fortune (23 %). En revanche, les propositions de mise en œuvre concrètes de ces primes, notamment la retenue sur le salaire ou un financement par le biais de l’impôt sur le patrimoine, ne recueillent pas la majorité des suffrages (respectivement 18 % et 4 %). Manifestement, l’idée d’une prime proportionnelle aux revenus suscite donc l’assentiment spontané de bon nombre d’assurés, mais dès que les conséquences d’un tel financement sont évoquées  concrètement, le scepticisme reprend le dessus et les avantages du système actuel l’emportent. Notons enfin que l’abolition de l’assurance de base n’est guère envisagée, seuls 4 % des sondés y étant favorables.

Libre choix plébiscité

Les opinions concernant la caisse unique ne sont pas encore arrêtées, ce qui n’est guère étonnant aussi longtemps avant la votation. Seules les positions tranchées – refus ou acceptation clairs – sont déjà connues : près d’un tiers des sondés se prononce pour le non (30 % sont très opposés au principe d’une caisse étatique), un peu moins (27 %) sont clairement favorables au projet : « le libre choix actuel de la caisse-maladie doit être remplacé par une caisse unique publique ». Les personnes cautionnant une caisse unique espèrent une diminution des coûts et souhaitent mettre un frein à la « chasse aux bons risques ». Ils plaident pour une prime unique et une simplification du système de l’assurance-maladie. Les adversaires du projet motivent leur avis par le fait qu’ils ne veulent pas renoncer au libre choix parmi les assureurs-maladie. Ils veulent pouvoir changer s’ils sont mécontents et craignent par ailleurs l’absence d’incitation à baisser les coûts et à offrir un service de qualité.

Le prix des médicaments est trop élevé

20 % des personnes interrogées pensent que les médicaments coûteux sont responsables de l'augmentation des primes. Elles sont 87 % à se déclarer plutôt prêtes à économiser au niveau de la prescription de médicaments. La population a par ailleurs du mal à accepter que le prix des médicaments soit supérieur à celui pratiqué à l’étranger, comme le montre le sondage publié mi-août par comparis. Bien que les assurés sous-évaluent la différence de prix entre la Suisse et l’étranger, ils la jugent quand même trop grande. Dans les pays de référence (Danemark, Allemagne, Angleterre, France, Pays-Bas et Autriche), le prix de fabrique est inférieur de 19 % à celui pratiqué en Suisse. Pour les génériques, le différentiel de prix atteint 45 %.

ALAIN VIOGET

 

1 http ://www.bag.admin.ch/themen/krankenversicherung/01156/index.html?lang=fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Interlocuteur

Documents

Informations complémentaires

Comme chaque année, 1200 personnes ont été interrogées par téléphone sur différents thèmes relatifs au système de santé et à l’assurance-maladie sociale.

Les principaux résultats en bref :

Les frais administratifs sont largement surestimés
Les connaissances de l’assurance de base restent très faibles
Le système actuel est perçu comme un moindre mal