Rationner avec des budgets globaux

Article Mise au point


01.12.2017

Pas de solution miracle en vue

Rationner avec des budgets globaux

Limiter les dépenses avec des budgets globaux ne doit pas se faire au détriment de la qualité ni au prix de délais d’attente inacceptables. Or c’est exactement ce que nous voyons à l’étranger. Les exemples en Suisse ne sont pas pertinents, car ils ne concernent que le secteur stationnaire et peuvent être contournés.

Bon nombre des mesures destinées à faire baisser les coûts proposées récemment au Conseil fédéral par un groupe d’experts internationaux et doivent être saluées, entre autres celles concernant les médicaments ou la planification intercantonale de l’offre médicale. 20% des prestations fournies dans notre système de santé sont inefficaces ou superflues, de l’aveu même de l’OFSP. Or la proposition des experts la plus lourde de conséquences pour la population est l’introduction généralisée de budgets globaux dans le but de plafonner les dépenses de santé. Elle conduirait à un rationnement des prestations et à une médecine à deux vitesses au lieu d’une plus grande efficacité.

Les budgets globaux peuvent pénaliser les patients

L’introduction de budgets (au moins en partie) globaux en Allemagne et aux Pays-Bas n’a aucunement permis de maîtriser la hausse des coûts. Les budgets globaux ont en revanche des effets très négatifs. Les prestations sont reportées ou simplement transférées vers d’autres secteurs qui ne sont pas soumis à un plafonnement. Ce rationnement masqué des prestations affaiblit le droit aux prestations des patients dans l’assurance obligatoire des soins. Les patients âgés, atteints de maladies chroniques et/ou multiples, seraient les premiers touchés.

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